♫ I'm Still HereJonathan marchait dans la rue d'une démarche plus lente qu'un peu plus tôt. Il n'entendit pas une voix derrière lui qui l'appelait, mais on lui toucha l'épaule. Il se retourna violemment, pensant que c'était son beau-père qui avait osé le suivre en dehors de la maison, mais il souffla entre ses dents et relâcha la tension de ses épaules en reconnaissant le visage bienveillant de l'inconnu. Le sourire que ce dernier affichait sur son visage disparut quand il s'aperçut que la chemise de Jonathan était tâchée de sang.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé John ? demanda vivement l'inconnu.
Jonathan grogna et se maudit de ne pas avoir pris le temps de se changer dans sa chambre. Il comprenait maintenant les regards interloqués des gens qui le croisaient dans la rue. Il posa son sac de sport à terre, en plein milieu du trottoir, l'ouvrit et en retira un t-shirt propre. Il enleva celui qu'il avait sur le dos et enfila l'autre. En relevant les yeux, il aperçut le regard insistant de l'autre jeune homme.
- Écoute, Fabien, c'est pas le moment là. Soupira Jonathan.
- Si tu crois que tu vas t'en tirer comme ça, rétorqua Fabien. On est amis ! Tu sais que tu peux tout me raconter. Je suis là moi...
Jonathan soupira ouvertement, mais décida de raconter en bref ce qu'il s'était passé avec son beau-père. Quand il eut fini, il remarqua que son ami portait son sac sur son épaule. Il le questionna du regard, la bouche crispée.
- Je vais pas te laisser comme ça à la rue. Tu viens à la maison.
- Et ta mère ? demanda Jonathan.
- Elle t'adore ! Je vois pas où est le problème !
Fabien se remit en marche en laissant brièvement son ami derrière, qui finit par reprendre ses esprits et qui finit par le suivre. Fabien avait toujours été là pour lui, et encore plus depuis la mort brutale de son père. Ils se connaissaient depuis tout petit, et ne s'étaient jamais lâchés. Ils avaient trouvés l'un chez l'autre un confident, un ami, un frère. Jonathan le regarda du coin de l'½il en marchant à côté de lui. Fabien avait un sourire au coin, ce qui avait tendance à amuser son ami. Jamais, même dans des moments douloureux, Jonathan ne l'avait vu dévasté. C'était lui qui se raccrochait de toutes ses forces à sa bonne humeur, son optimisme.
Ces deux garçons étaient devenus le jour et la nuit. L'un était rieur, toujours un sourire sur les lèvres, le regard pétillant, tandis que l'autre n'exprimait plus rien par le regard mis à part la colère, et ne savait même plus à quoi ressemblait son propre rire.
Fabien lui jeta à son tour un coup d'½il.
- T'as beaucoup changé ces trois derniers mois, commença Fabien. J'avoue que j'ai de la peine parfois à te reconnaître. Je sais que tu as vécu un moment difficile, mais ton père aurait voulu que tu relèves la tête, que tu te battes !
Le silence se fit une place entre ces deux amis de longue date. Fabien se racla la gorge, puis continua sur un ton enjoué :
- Tu te souviens quand tu faisais le pitre en cours et que tu faisais rire toute la classe ? Tu n'arrivais jamais à te taire. Toujours une plaisanterie à raconter. Allez John ! Fais-moi un petit sourire ! Tu pourrais avoir toutes les filles en souriant.
Fabien laissa apercevoir ses dents en échappant un petit rire de sa bouche. C'était un grand dragueur, il aimait beaucoup les filles. Comme tous les garçons de leur âge.
- Je m'en fous des filles, murmura Jonathan. Elles peuvent dire ce qu'elles veulent sur moi, ça ne m'atteint même pas.
- Tu oublies Sandra. T'étais bien avec elle !
C'était vrai. Jonathan aimait beaucoup Sandra, mais c'était avant, c'était son passé. Et il se souvenait de l'avoir fait pleurer en lui disant que c'était terminé, mais elle avait trouvé vite du réconfort dans les bras d'un autre peu de temps après. Mais Jonathan s'en fichait. Les filles ne l'intéressaient plus.
Pourtant, la jeune fille lui revint en tête. Il aurait aimé savoir son nom....